Né en 1967, Julien Marinetti grandit à Paris, à Saint-Germain-des Prés, sur les quais de Seine. D’un père photographe et d’une mère directrice d’école de théâtre et de danse, il hérite du goût de la culture et du savoir. Dés son plus jeune âge, il arpente les couloirs et salles du Louvre. Il s’y exercera plus tard à copier les grands maîtres, y découvrira l’Antiquité grecque et romaine, et se passionnera pour le Quattrocento italien.
Ses voisins bouquinistes du Quai de Conti, lui prêtent des livres d’art, de philosophie et d’histoire, qu’il dévore avec passion. Son grand-père italien, peintre amateur, lui fait cadeau de sa première boîte de peinture à l’huile, qu’il teste la première fois sur de vieux torchons de cuisine, qu’il a lui-même enduits de colle de peau sur un vieux carton. Il découvre la sculpture en bronze dans l’atelier, voisin, du sculpteur Paul Belmondo, membre de l’Académie des Beaux-Arts. Déjà il récupère, bricole, recycle, les vieux objets pour en faire ses premières sculptures. Il passe la plupart de ses après-midi à l’Académie de la Grande Chaumière pour y étudier le nu et le dessin académique.

Après un passage éclair par l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris, qu’il abandonne au bout de quelques jours, Julien Marinetti est bien déterminé à suivre sa propre destinée d’artiste. Il continue à apprendre et à parfaire sa maitrise des techniques de sculpture et de peinture, mais aussi la gravure, la céramique et les vitraux.

Il puise son inspiration dans ses passions, le cinéma notamment, à l’instar de Pier Paolo Pasolini dont le film mythique de 1961 « Accatone » lui inspirera une exposition de peintures sur bois, avec une attention toute particulière aux postures et à l’anatomie des trois sujets principaux.

Biographie et portrait de Julien Marinetti, peintre et sculpteur

Peu à peu les visages de ses sujets s’effacent, notamment dans son exposition «  Explosion anatomique d’une société » en 1994, où ses œuvres mettent en scène des foules d’anonymes écrasées par la misère sociale et affective, seuls les sujets principaux sont en couleur. Les toiles sont exposées sans châssis ce qui leur confère une dimension encore plus brute. Le corps devient au fur et à mesure un sujet à part entière, la tête disparaît ensuite dans les œuvres suivantes, au profit de silhouettes très « mooriennes ». Le travail des volumes, ombres et lumières devient plus abouti. Les symboles et thèmes, que l’on retrouve depuis dans l’œuvre de l’artiste, deviennent omniprésents : mains et pieds – dont l’artiste dit lui même « qu’ils sont en soit tout un univers, toute une composition »-, les nativités, les crucifixions, les odalisques…

Au début des années 90, Julien Marinetti fait la rencontre de l’artiste cinétique Jean Dewasne, dont les anti-sculptures, lui insuffleront les prémices de son futur travail de support-surface. Le jeune artiste approfondit ses recherches sur la couleur, étayées par ses lectures des théories de la couleur d’Itten du Bauhaus entre autres.

Biographie et portrait de Julien Marinetti, peintre et sculpteur
Biographie et portrait de Julien Marinetti, peintre et sculpteur

Après des années consacrées à la peinture à l’huile et à l’acrylique, Julien Marinetti, s’essaie de nouveau à la sculpture. Son œuvre picturale prend alors un nouveau tournant. L’artiste expose ainsi sa première sculpture réaliste en bronze, le bouledogue Doggy John, à la Galerie LC, rue Jean Mermoz, l’œuvre est vendue dans l’heure. Très rapidement, telle une traînée de poudre, Doggy John devient une icône, les collectionneurs sont en liste d’attente. L’artiste fait une série de collages créée à partir du journal culte le Herald Tribune et de ses unes, puis une série d’hommages – notamment à Keith Harring et Andy Warhol – avec des techniques mixtes collages et peinture.
Il s’émancipe, et sa sculpture devient le support privilégié de sa propre peinture : ce qu’il appelle le « Syncrétisme de l’art ». Il dit lui-même : « J’ai préféré me distancier du pur volume. L’exercice m’a d’ailleurs fait comprendre que le tableau lui-même n’est pas bidimensionnel, mais bien tridimensionnel, dans sa composition. Avec la sculpture, l’artiste a l’avantage, le privilège de tourner physiquement autour de son œuvre en train de se faire. Picasso a procédé ainsi à une certaine période, en peignant des sujets sculptés. Il est parti de la sculpture pour revenir à la peinture. Mon travail est une sorte d’équation similaire. » Suivent alors d’autres sculptures toujours en bronze, toujours uniques : Teddy l’ours, Kwak le canard, Ba le Panda, et le crâne surdimensionné, avec une finition laquée impeccable telle une porcelaine, et une explosion de couleurs, magnifiée par le travail de gravure et de « palimpseste » dont l’artiste seul a le secret.
Ses œuvres trouvent rapidement leur espace d’expression idéal dans les décors urbains des plus grandes métropoles Paris, Londres, New York, Singapour ou des paysages mythiques tels que Courchevel, Marrakech ou Calvi.
Parallèlement Julien Marinetti ne cesse de peindre sur toile, des oeuvres de dimensions de plus en plus majestueuses. Une longue série de tableaux est consacrée à des scènes de la mythologie grecque, tandis qu’une autre rend hommage à des œuvres mythiques, « le déjeuner sur l’herbe », « les trois Grâces » entre autres. Indifféremment l’artiste navigue entre les supports en deux ou trois dimensions.

Profondément marqué par ceux qu’il considèrent comme ses maîtres, Julien Marinetti ne les renie pas, bien au contraire : il revendique sa filiation avec Picasso, Matisse, Léger, Moore ou Bacon. Il milite pour un art de la créativité et de la poésie, indissociable d’une grande maîtrise technique.